Des Rencontres

Rencontre N°2 – Le Fournil Kristof / Artisan Boulanger

Je vais à la découverte d’Alsaciens, d’amoureux de notre région, de sa terre et de sa culture. Je vais vous dresser le portrait de ces acteurs régionaux, vous parler de leur passion, de leur métier et vous retranscrire nos jeux de questions / réponses.

 Kristof

Localisation : Mundolsheim / Bas Rhin
Passionné : Christophe

C’est là ma deuxième « rencontres de passionnés » et je suis ravi de vous présenter Christophe, artisan boulanger. Je suis ravi disais-je car, vous l’aurez maintenant compris, je suis un adepte du marché et des produits locaux, et c’est sur son étal que j’achète mon pain.

Que du pain me direz-vous ! Mais non, justement pas que ça. Du moins pas une simple baguette, pas un simple pain rond ou carré. Pas de cela, c’est bien plus.

Kristof

Pour ceux qui connaissent son stand notamment Place Broglie voient bien ce que je veux dire ici. Il suffit de croquer un bout de son pain amande figue raisin (mon préféré) pour se rendre compte du travail qu’il y a derrière.

En parlant de travail, je suis allé à sa rencontre dans son fournil, à Mundolsheim, pour lui parler et voir où il confectionne ses produits. J’ai été étonné de la masse de travail qu’ils abattent. Oui, ilS au pluriel car Christophe n’est pas seul. Deux employés sont avec lui au fournil et deux autres sur les stands lors des marchés. Incroyable lorsque l’on sait qu’il est parti de rien ou presque.

Avant de se lancer dans la confection de pain, Christophe était accompagnateur de randonnées à cheval. Mais ce n’est pas tout. Il est passé par les cases animateurs et directeur de centres de vacances en plus de son métier de second de cuisine dans un restaurant. Il décide alors de se réorienter vers le métier de boulanger (qu’il exerce maintenant depuis 5 ans) et travail pendant son apprentissage avec un patron qui va le former entre autre à la fermentation en masse et au travail du levain. Levain qu’il emmène avec lui en vacances, si si ! Le boulanger qui le forme alors, le pousse à se former plus encore et à faire une formation à l’école de Sisteron. Chose faite, il décide de se lancer à son propre compte.

kristof

Sans fournil, un copain lui propose d’utiliser le sien lors de son jour de repos. Voilà Christophe qui se met en route pour les Vosges avec le bois déjà acheté et 1 000€ qu’un de ses clients lui a donné pour se lancer. Une belle preuve de confiance en les capacités et la volonté de notre boulanger. Direction les Vosges, il tombe sur un agriculteur qui lui parle d’un fournil qu’il possède mais n’utilise pas. Que rêver de mieux ? De l’aide … Trois copains lui prêtent de l’argent et un autre lui prête sa fourgonnette. Christophe commence alors à faire son pain à Illhaeusern pendant 1 an et demi et se fait, petit à petit, un nom sur les marchés strasbourgeois.

Boulevard de la Marne & Neudorf pour commencer. Les clients affluents. Viennent et reviennent et Christophe achète sa première balance étiqueteuse. C’était le début car, avec cet investissement, il sert plus de clients et donc plus de clients viennent le voir. Alors, un premier employé est engagé puis un second et l’affaire tourne sans cesse depuis.

Aujourd’hui il investit pour s’agrandir mais travail toujours les mains dans la pâte et toujours de manière artisanale. Et, pour l’avoir vu à l’œuvre avec ses employés au fournil, c’est un travail énorme qu’ils abattent pour fournir les pains à des restaurateurs, des AMAP et à nous sur les marchés strasbourgeois.

Kristof

C’était un réel plaisir que d’être à ses côtés et de le voir travailler la pâte tout en m’expliquant les techniques et ce qu’il fait. C’était super passionnant et bon pour la santé parce que son fournil c’est un peu comme un sauna, on transpire rien qu’en clignant des yeux 🙂 Après être passé le voir, je déguste aujourd’hui avec plus de plaisir encore les pains que j’achète sur le marché de la Place Broglie.

En avant pour la session de questions réponses avec Christophe

Le Barbu : Qu’est ce qui te fait te lever le matin ?

Christophe : Le fait d’avoir des employés. Je n’aime pas vraiment l’action de se lever le matin mais quand tu es ton propre patron tu n’as pas le choix et en plus, faut bien l’admettre, j’aime mon métier.

Le Barbu : Comment t’es venu cette passion ?

Christophe : Quand je voulais me réorienter j’hésitais entre la forge et le pain. Je faisais déjà du pain chez moi avant de me lancer. C’est un aliment noble de par sa symbolique et c’est un emblème de notre pays. En plus, l’odeur du pain qui cuit c’est juste super !

Le Barbu : Bio & Déméter, pourquoi s’être positionné sur ces deux certifications ?

Christophe : Je mange Bio & Déméter à la maison donc pourquoi fournir autre chose à mes clients ? C’est juste quelque chose de normal pour moi.

Le Barbu : Combien de sorte de pains tu prépares ?

Christophe : Je prépare tous les jours 20 pains pour un total de 25 pains et chacun d’eux est certifié soit Bio soit Déméter.

Le Barbu : Tu as un pain préféré ?

Christophe : Celui qui reste ! J’ai une préférence pour le pain de campagne, il se conserve bien. Mais je n’ai jamais de pain à la maison. Incroyable, mais véridique.

Le Barbu : L’Alsace t’inspire-t-elle dans ton travail quotidien ?

Christophe : Je ne dirais pas qu’elle m’inspire dans la confection des pains mais je suis fier de produire mes pains en Alsace qui a un terroir très fort et très ancré.

Le Barbu : Qu’elle est ta plus grande satisfaction ?

Christophe : Me verser un salaire décent et pouvoir faire vivre ma famille avec mes propres créations en étant parti de rien.

Le Barbu : Tu t’attendais à un tel succès ?

Christophe : Non, pas du tout. Inconsciemment je savais que ça fonctionnerai mais je ne pensais pas monter aussi haut. Je connaissais les extrêmes possibles pour avoir fait auparavant des marchés sans être mon propre patron. Aujourd’hui par exemple, Boulevard de la Marne, le samedi je fais 300kg de pain.

Le Barbu : Tu as des projets pour la suite ?

Christophe : J’ai un projet de brasserie que je souhaite monter en parallèle à Strasbourg et également une boulangerie sans gluten.

Le Barbu : Tu as un message à faire passer ?

Christophe : J’aimerai en faire passer pleins mais je suis plus dans le « faire » que dans le « dire ». Je ne veux pas avoir de discours moralisateur. Faites les choses dans votre coin mais faites les en votre âme et conscience.

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